Cendres Lavy "Candeurs"
16 pages printed in full Offset color. 149 x 105 mm, softcover.
L'art de Cendres Lavy est à l'instar de son nom. Il marque la tension extrême, celle qui se fait entre les deux pôles de l'humaine condition. Allant des cendres jusqu'à la vie et de la vie jusqu'aux cendres, il aime à révéler que... de la turpitude naît la fraîcheur et de l'abrupt naît la grâce... Lavy connaît des secrets inavouables. Dans ses Candeurs incandescentes, Cendres les dissémine avec générosité, dans la simplicité de celle qui, revenue de tout —tout le bien et tout le mal qu'on peut faire aux enfants, aux femmes et aux hommes— fait exploser la fleur d'un érotisme subtil parce que... ingénu. Complexe parce que... primitif.
Frederika, Pool of tears/ white rabbit prod


Cendres LAVY (Geneva/ Toulouse) features the body as the key part of her artistic practice, drawing her inspiration in the attitudes and aesthetics of an oniric world where female domination meets the bestiary of mythology. Using all kinds of techniques from lithography to stitching, Cendres Lavy translates the subjects of these sources into art pieces in a most remarkable way, yet never devoid of humor.

Le dessin de Cendres Lavy a ceci de jouissif et d'original qu'il navigue entre le très littéral,
l'envie d'illustrer jusqu'aux expressions les plus inimaginables de la langue française,
et le très subtil, l'art d'être justement sur le fil entre une expression savante et primitive,
entre un art intellectuel et un fond brouillon, chaotique. 

Les dessins de Cendres Lavy présentent la fraîcheur 
 et la spontanéité de l'artiste devant les paradigmes de la société (morale, identité, répartition des rôles).

Ce sens de l'ingénuité et de l'amusement bon enfant, puéril et pétillant, donnent à cette approche une sincérité en matière de subversion ou de transgression sauvage. Cette dimension de jeu, de dynamitage des valeurs ou de la morale, Cendres Lavy sait en jouer sans jamais donner de leçon de dureté ni tomber dans l'agressivité hystérique : d'où le côté très pur et jubilant de cette vision féministe qui traite les codes pour ce qu'ils sont -des effets, du vent-, et invente un féminin du côté rieur et léger des fées insouciantes, mutines, tapageuses, ou des sorcières des bois et des lacs, faites d'esprit, de corps, de matière. 

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La pratique du dessin revenant en force dans l’art contemporain depuis quelques années, traduit dans un premier temps une libération vis-à-vis des idéologies à tendance puriste-iconoclaste, éprises de géométrie sèche, reléguant trop souvent la représentation humaine dans les oubliettes, le purgatoire d'une conscience honteuse d'elle-même, de même qu’une grande levée de censure, une montée d'adrénaline dans le champ du visuel.
Le dessin de Cendres Lavy s’inscrit dans cette lignée d’un travail sur la délivrance du contenu par la forme, sur la possibilité d’une pratique visuelle qui soit dans la réforme et l’interpénétration de l’écrit, au carrefour du conscient et de l’inconscient, du monde adulte et de celui plus régressif de l’enfance, revisitant les archétypes de la représentation féminine de manière humoristique, politique et sensible.
En ce sens, les dessins de Cendres Lavy abordent le versant "impur" de la réception de l'œuvre d'art, le continent du non politiquement correct, du stylistiquement hors-norme, en dessinant des farces, des fantasmes, en s'attardant sur des jeux d'esprit où le corps féminin devient le lieu d'un retournement inhabituel des codes et de la syntaxe classique de la représentation (pulsion, genre).
Assumant la grivoiserie et la perversion de sa vision qui fait un pied de nez total à la bienséance héritée de la culture, de la religion ou de l'éducation, Cendres Lavy inverse notamment le rapport de soumission en dessinant une petite fille qui fait pipi debout comme un garçon, une femme assise sur le dos d'un homme marchant, lui, à quatre pattes, etc...
Dans cette série de dessins au crayon gras, c'est la technique hasardeuse, le trait brut et épais, le contour suintant et baveux, qui font songer à un art primitif un peu fruste, un art naïf et tendu vers la joie du gribouillage, à mi-chemin entre calembour et art médiéval, comme si l'artiste nous proposait une pédagogie illustrative à l'envers, en testant notre sens de l'humour, de la combattivité et de la dérision.
Instinctive et ludique, dérangeante et jubilatoire dans sa tentative enfantine de procès contre la culture, telles sont les qualités de cette série qui joue avec le bon et le mauvais goût, qui provoque nos repères et nos limites, faisant une pirouette aussi bien à l'hétéro-machisme, qu'au macho-féminisme.
Clémentine Feuillet / galerie joseph antonin
(1) : Vite fait / Mal Fait / Pas fait ... Termes empruntés à Robert Filioux (Fluxus). Comment créer une contre-culture, qui dynamite l'ordre bourgeois, le conservatisme muséal et institutionnel, sans remettre en question les critères même de production ou de réception du grand, du bel art ? Ce seront les paramètres de réflexion de R.F dans sa tentative de réconcilier art et vie, et ceux de Fluxus lors de l'avènement dans l'art contemporain d'une nouvelle conception de la culture, qui se voulait globalement critique et politique.

Clémentine Feuillet, Galerie Joseph Antonin, 2014/2015
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De l'art helvétique contemporain
rubrique des arts plastiques et de la littérature en Suisse

02/05/2015
Cendres Lavy et les interdites
Cendres Lavy cultive haies et lisières, dégrafe des soutien-gorge, montre des postérieurs moins pour les enivrer de caresses par des voyous de barrière que pour faire crisser les apparences. Les robes de certaines de ses femmes sont arrachées. Elles n'ont pas pour autant épuisé leur provision de panache. Même s'il ne reste qu'un peu de safran au fond de leurs yeux. Sous la jaune transparence de leur voile se distingue le ruisseau noir qui partage leur corps en deux cuisses disjointes. Se découvrent aussi des muscles ronds et des trapèzes du dos puis la nuque. On arrive aux cheveux. Sous les chignons surgissent des chairs brillantes en porcelaine.

Mais la Genevoise a mieux à faire que cultiver les rêves. Ses germinations sont « atrocement » drôles. Les corps « blasphémés » pulvérisent toute paix des ménages et des corps. Ils avancent sans honte et en provocation selon un certain délire. Face aux vautours du réalisme les femmes de Cendres Lavy restent des rebelles riches de leurs ardeurs et leurs outrances. Elles refusent de plaider pour nous : elles abusent au besoin de nos manques et de nos fuites. Tout équilibre est ignoré : l’artiste alimente le complexité des êtres par delà la simple idée de beauté. Elle pense donc mal pour dessiner ce qui échappe aux images policées.

http://delarthelvetiquecontemporain.blog.24heures.ch/archive/2015/05/02/cendres-lavy-et-les-interdites-858769.html
Jean-Paul Gavard-Perret

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L’érotisme particulier de Cendres Lavy
Editeure : Derrière la salle de bain

Cendre Lavy articule son travail entre l’art et la philosophie. Le premier met en acte la seconde en cassant l’idéologie masculine dominante qui recouvre la majeure partie de l’art. Cendres Lavy la déplace et l’inverse. Sans renoncer au sacré de l’art elle le met en état de recevoir une nouvelle pensée et à l’impensé que la conscience recouvre. Tordant les clichés ses femmes et ses hommes créent un nouvel éros. Dessins et encre sur papier cassent les préjugés dans un long travail de capture, d’épuisement, de caviardage voire d’une forme de caricature.

Performative l’œuvre fait de chaque image une narration oblique ou de nouveaux mantras dans lequel le corps garde sa prépondérance puisqu’il fait pénétrer la métaphysique dans les esprits et peut montrer comment il a été objet plus que sujet. Celui de la femme est dans l’œuvre prédominant. Il s’éloigne des stéréotypes érotiques. L’artiste aime insister sur leurs carrures et leurs puissances qu'elles dissimulent trop souvent sous des voiles, des strass, des paillettes. Aux mâles soudain la mollesse et la puissance physique aux femmes.

Jean-Paul Gavard-Perret
Cendres Lavy, Editions de la Salle de Bains, 6 Euros, 2015.

http://salon-litteraire.com/fr/derriere-la-salle-de-bain/review/1927905-l-erotisme-particulier-de-cendres-lavy


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Celle qui signait sur les murs de sa maison natale : entretien avec l’artiste Cendres Lavy
( Eponyme)

Si pro­fondes que soient les femmes, Cendres Lavy laisse poindre leur trans­pa­rence. Elle fait d’elle des lacs, des sources, des fon­taines. Le songe s’accomplit en images nour­ries de phi­lo­so­phie. C’est pour­quoi des ondes résur­gentes déli­vrées du piège abys­sal où les rete­naient encore des puis­sances latentes et trop pudiques débordent de cette vie res­sai­sie à la nais­sance des jours. Les mantes peu catho­liques, sor­ties de la sylve qui cache l’éphémère, créent le ver­tige d’une fra­ter­nité mys­té­rieuse. Les femmes de Cendres en abusent au besoin. Dans ses œuvres, tout vire au rose, les nuages sont bleus, la source montre sa perle : même de vieux oiseaux viennent s’y désaltérer.

Entre­tien :

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ? De manière empi­rique, comme je vis dans un port flu­vial, ce sont les ragon­dins, les canards qui viennent man­ger autour des bateaux, le matin. c’est aussi le chant des oiseaux qui m’éveille. Lorsque je sais que je ne m réveille­rai pas “avec l’air ambiant”, je pro­gramme mon réveil.

Que sont deve­nus vos rêves d’enfant ? Ils s’incarnent. Petite, je des­si­nais et signais sur les murs (inté­rieurs et exte­rieurs) de la mai­son natale (région Léma­nique). La famille me deman­dait d’éffacer immé­dia­te­ment. Et je recom­men­çais sou­vent. Ce, avec toutes sortes de media. Le plus résis­tant, celui dont on ne put venir à bout, fut le tracé déme­suré, à l’aide d’un col­lu­toire (contre les mots de gorge). Qui à la pro­jec­tion sem­blait trans­pa­rent, à peine visible, mais se révela trés tenace, sur le mur poreux, ocre rouge de la cage d’escalier ! Ce graf­fitti au sucre, est aujourd’hui recou­vert par une tapis­se­rie…

A quoi avez-vous renoncé ? Aux grands voyages (seule­ment pour le moment j’espère bien !). Par contre, je me déplace beau­coup : villes, Port, mon­tagne. Vers la Suisse aussi. J’ai capi­tulé aussi (tou­jours momen­ta­né­ment…) à l’achat d’oeuvres d’art. Heu­reu­se­ment, je suis heu­reuse de pou­voir échan­ger des oeuvres avec cer­tains artistes !

D’où venez-vous ? De la région Léma­nique, un petit vil­lage qui jouxte, épouse la fron­tière suisse et Genève. Une grande mai­son où les deux frères hor­ti­cul­teurs et leurs familles par­tagent encore leur tra­vail des fleurs (hor­ti­cul­ture) et la mai­son sur deux étages…

Qu’avez-vous reçu en dot ? L’amour de mon père, ses petits soins, son atten­tion. Ma mère étant décé­dée lorsque j’avais 14 ans, lui, le plus gros phal­lo­crate que je connaisse, m’a choyée comme une mère. Il donné les outils pour me rendre auto­nome à tous niveaux, savoir argu­men­ter et pen­ser contre. Matériellement : enfant, le mys­tique et curieux cadeau d’un membre de ma famille : un cor­beau en peluche, son bec en cuir. Adulte, j’ai reçu le leg d’un ami: un second bateau. Le pre­mier “Le coeur à Barbe” sert d’atelier. Le second, d’habitation (“Méta”).

Qu’avez vous dû “pla­quer” pour votre tra­vail ? Ma famille, pour res­pi­rer à l’air libre.

Un petit plai­sir — quo­ti­dien ou non ? oui !

Qu’est-ce qui vous dis­tingue des autres artistes ? Alors que je griffone/ dess­sine depuis tou­jours, j’ai donné prio­rité à l’étude phi­lo­so­phique plu­tôt qu’à l’art ; il me semble que c’est inha­bi­tuel pour une artiste. C’est suite à mon mas­ter en phi­lo­so­phie (“L’histoire de l’Art Occi­den­tal : Stra­té­gies de pou­voir”) que je me suis tour­née vers les études en arts plas­tiques (agrégation).

Quelle fut l’image pre­mière qui esthé­ti­que­ment vous inter­pela ? « Nabu­cho­do­no­sor » de William Blake, 1795 (gra­vure sur cuivre à la plume et aqua­relle). Frida Kahlo, “La colonne bri­sée”, 1944 (Pein­ture). “Les pains de Picasso”, Robert-Doisneau, 1952 (Pho­to­gra­phie). J’avais punaisé ces trois repro­duc­tions, sous forme d’affichettes, dans ma chambre mansardée.

Et votre pre­mière lec­ture ? Tard dans ma sco­la­rité : je ne lisais jamais les livres ”impo­sés”, sauf en poé­sie. Les jour­naux d’Anaïs Nin, “Mars”, de Fritz Zorn (1975), un auteur suisse, un récit auto­bio­gra­phique autour du Léman.

Pour­quoi votre atti­rance vers le des­sin ? Parce qu’il est très direct, demande peu d’outils et sup­porte tous sup­ports. Comme je me déplace sou­vent pour des expo­si­tions, j’ai choisi le tissu, léger et tenant dans la poche même si le for­mat est de 3m sur 1m40. J’adore l’estampe, pour le contraire : elle demande des étapes, des pro­cé­dures, et du maté­riel lourd et coû­teux. J’imprime sur papier ou tissu, en toute petite série. J’aime le fait de repré­sen­ter à l’envers et l’idée du trans­fert de l’image (à mon avis, per­for­ma­tive).

Quelles musiques écoutez-vous ? J’aime la musique élec­tro­nique, le punk, la saoul, le Jazz. Les musiques avec des (infra) basses et très énergiques.

Quel est le livre que vous aimez relire ? “Le rouge et le noir” de Sten­dhal. Notam­ment le cha­pitre 22 , tome 1.

Quel film vous fait pleu­rer ? Je pense à Bull­head (Rund­skop) de Michaël R. Ros­kam (2011).

Quand vous vous regar­dez dans un miroir, qui voyez-vous ? Une femme réso­lue, de bonne réso­lu­tion, par­fois en HD !

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ? Je n’ai aucune peur dans l’écrit .

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ? Genève, pour son équi­vo­cité, à la fois tendre, cris­tal­line et centre névral­gique du monde, coeur du monstre.

Quels sont les artistes dont vous vous sen­tez le plus proche ? Kara Wal­ker, Picasso, Ana Men­dieta, Goya, Louise Bour­geois et Ida Apple­broog.

Qu’aimeriez-vous rece­voir pour votre anni­ver­saire ? Un ate­lier plus spa­cieux !

Que défendez-vous ? La magie du vivant, les forces contraires, les dis­son­nances.

Que vous ins­pire la phrase de Lacan : “L’Amour c’est don­ner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas”? Je lui trouve un air de pléo­nasme. Je pré­fère : « Tu seras aimé le jour où tu pour­ras mon­trer ta fai­blesse, sans que l’autre s’en serve pour affir­mer sa force. » (Cesare Pavese) et « L’art d’aimer, c’est allier le tem­pré­rament d’un vam­pire à la dis­cré­tion d’une ané­mone. » (Cio­ran).

Que pensez-vous de celle de W. Allen : “La réponse est oui mais quelle était la ques­tion ?” J’adore, elle me fait rire !!

Quelle ques­tion ai-je oublié de vous poser ? Celle que vous avez jus­te­ment oubliée. … J’en aurais une en retour : pou­quoi le titre de votre article sur mon tra­vail : “Cendres LAVY, les Interdites ” ?

Pré­sen­ta­tion et entre­tien réa­li­sés par jean-paul gavard-perret pour le litteraire.com, le 6 mai 2015.

Cendres Lavy features the body as the key part of her artistic practice, drawing her inspiration in the attitudes and aesthetics of an oniric world where female domination meets the bestiary of mythology. Using all kinds of techniques from lithography to stitching, Cendres Lavy translates the subjects of these sources into art pieces in a most remarkable way, yet never devoid of humor.

Cendres Lavy centre son travail artistique sur le corps, puisant son inspiration dans les codes esthétiques d'un monde onirique où la domination féminine rencontre le bestiaire de la mythologie. Utilisant une large gamme de techniques depuis la lithographie jusqu'à la couture, Cendres Lavy traduit ces sujets de manière remarquable et jamais dénuée d'humour.

http://www.lelitteraire.com/?p=15399

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fr.contemprary.com
FRANCIS RIGNAULT

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Philosophy and art are closely combined in your artworks. Can you explain the differences and similarities for us?
My career has developed on the edge of philosophy and art, two disciplines that I practise and study in parallel, because thinking and action appear to me to be inseparable. It has always seemed to me important to loosen historic constructions that are upset and blocked in an artificial polarity. Art is the place for philosophy, a strategic terrain where the big issues in thinking and ideologies take place: the art of displacement, of transfer, of reversal, to go beyond logic’s hierarchy and attempt to resolve metaphysical contradictions. It is to be steeped in the profoundness of “vivantvertige” plastic arts, without falling into the dogma trap which on principle abandons the sacred, protects itself, creates walls. It is to be half way between two worlds, in an essentially transitive position, an interval, in suspension. My work is more in the field of vision than that of the image: what is shown is the evidence which can give the thought reason, by hitting the blind spot, it is about getting beyond [the thought] to try to break through the cliché. “Language is heard but thinking sees.” (1

In your ink on paper sketches, the title and image are often one and require the viewer to look at them in two ways at once, both as words and images. I refer for example to works such as Epuiser, Abîmer and Capturer. Is there a desire on your part to confront the viewer with this reality of the word and image from which there is no possible way out from the mental and visual picture?

The titles given to my works are active verbs as they match the acts. I want them to perform, in other words they achieve an action through their enunciation. Literally, “they do what they say”. The “speaking” and the “doing” are simultaneous. The sensory support (the fixed or moving image or the sound) condenses a long story, an intention into a brief format that is almost a mantra. It becomes the poetic act. The images change our perceptions and transform reality. It’s obvious that the current controversial notion of “COPYRIGHT” exceeds the legislative framework and conceals the magical relationship that we have with the image. Art is effective. “It is through the body that we let metaphysics into the mind”. (5) I want to reveal history’s ploys, the commonplace, euphemisms that blur exchanges, make conflicts invisible, erase free speech, wring dry the senses, reduce and screen even the vocabulary to hide and anesthetize ideas

The female figure is omnipresent in your work and often depicted as either an object of desire or even of domination, in any case always in contrasting and contradictory postures? What are the issues and the messages in your creations

What interests me is to divulge what reality does not want to let us reflect on and to show that the image is far from being innocent. It is precisely the place of ideologies, pointing to the narrow gap that exists between “talking” and “doing”. Art seems to me a strategic terrain where the great issues of our time are explored. I note at which point the image becomes fascinating and prescriptive, and with what force it focuses on magical rituals and becomes a product in the performance. The rapport I perceive between “talking” and “doing” probes themes of genre, rumour, power and more generally the interaction between visual fields, domination and the collective unconscious. The human figure is omnipresent in my work. As to women, I have lots of fun making their innate qualities and strengths visible, something they have always possessed but often concealed under veils, jewellery, sequins, superficial glamour, or in the home. I love to play with the proportions of the body, to give men a softness and women a powerful physique. Representations of the female body have affected me, and like everyone I have been brought up through images and literature to recognise in them one thing above all and that is their sensuality. (1) St Augustin « Trinitate cité »

Julie PERIN


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INTERVIEW de Cendres LAVY par Julie PERIN,
http://www.alternatif-art.com/
http://www.luxe-immo.com/index-fr.html

De la philosophie à l’art ces deux matières sont intimement liées dans votre travail,
pouvez nous en expliquer les différences et similitudes ?
Mon parcours s'inscrit à la lisière de la philosophie et de l'art, deux disciplines que je pratique et étudie en parallèle. Car précisément, la pensée et l'acte m'apparaissent indissociables. Il m'a toujours paru essentiel de délier la construction historique, contrariée, bloquée dans une polarité artificielle. L'art est le lieu de la philosophie, le terrain stratégique où s'opèrent les plus grands enjeux de la pensée, des idéologies. Art du déplacement, du transfert, du renversement. Pour dépasser la logique hiérarchique, tenter de résoudre les contradictions de la métaphysique. Se tenir dans la profondeur plastique du vivantvertige. Sans chuter dans le dogme, qui par principe, renonce au sacré, se protège, crée des remparts. Etre à mi-chemin, entre deux mondes, dans une position essentiellement transitive, d’intervalle, de suspension. Mon travail s'énonce davantage dans le champ de la vision que dans celui de l’image : ce qui y est montré c'est l'évidence, qui comporte « cet im-pensé propre à la pensée », ce qui peut la faire raisonner, en toucher l’angle mort. Pour la faire déborder d'elle-même, tenter d’en percer le cliché. « Le langage s’entend mais la pensée se voit » (4)

Dans vos dessins et encre sur papier, le Titre et l’image ne font souvent qu’un et place le spectateur dans le double sens des mots et des images. Je fais référence par exemple aux oeuvres : Epuiser, Abîmer, Capturer… Y a-t-il une volonté de votre part de mettre le spectateur face à cette réalité du mot et de l’image sans échappatoire mental et visuel possible ?

Les titres donnés à mes oeuvres sont des verbes d’action car ils correspondent à des actes. Je les veux performatifs, c'est à dire qu'ils réalisent une action par le fait même de leur énonciation. Littéralement, ils «font ce qu'ils disent». Dire et faire sont simultanés. Le support sensoriel (image fixe, image mobile, son) condense d'un long récit, une intention dans une formule brève, un mantra. Il devient acte, poïétique. Les images changent nos représentations et transforment la réalité. Il est évident que la notion actuelle et controversée de «COPYRIGHT» dépasse le cadre législatif et recouvre la relation magique que nous avons à l'image. L'art est efficace. « C'est par le corps que l'on fait entrer la métaphysique dans les esprits».(5) Je veux montrer les artifices de l’histoire, les lieux communs, les euphémismes qui effacent les échanges, rendent invisibles les conflits, gomment la parole spontanée, essorent le sens, réduisent et ressassent le même vocabulaire, afin d’occulter et anesthésier les idées.

La Figure Féminine dans votre travail est omniprésente et souvent montrée soit en tant « qu’Objet de Désir ou bien de Domination », en tout cas toujours dans des postures contrastées et contraires. Quel en est l’enjeu et le message dans votre création ?

Ce qui m’intéresse, c’est de divulguer ce en quoi la réalité ne veut pas se laisser réfléchir et de signifier que l'image est loin d’être innocente. Constituant précisément le lieu des idéologies, désignant le très serré qui existe entre Dire et Faire. L’Art m'apparaît comme le terrain stratégique où s'opèrent les plus grands enjeux de la pensée. Je constate à quel point l’image est fascinante et préscriptive. Avec quelle force elle se consacre au rituels magiques et procède en un jeu performatif. Le rapport que je perçois entre “dire et faire” sonde les thèmes du genre, de la rumeur, du pouvoir, plus globalement, l’interaction entre les champs du Visuel, de la Domination et de l’Inconscient collectif. La figure humaine est omniprésente dans mon travail. Aux femmes, je m'amuse beaucoup à rendre visibles leurs carrures et leurs forces, qu'elles possèdent toujours mais qu'elles dissimulent souvent sous des voiles, des strass, des paillettes ou qu'elles nichent dans l'espace domestique. J'aime jouer avec avec les proportions des corps et conférer mollesse aux mâles et puissance physique aux femelles. Les représentations des corps féminins me sont sensibles et comme
chacun-e, j'ai été éduquée à force d'images et de littérature, à reconnaître en elles avant tout la sensualité.

Julie PERIN (Alternatif-art.com)
INTERVIEW of Cendres LAVY by Julie PERIN,
http://www.alternatif-art.com/
http://www.luxe-immo.com/index-fr.html

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Enchantée qu’il soit fait mention de l’onirisme dans notre corps social, j’ai voulu ici partager avec vous quelques émotions sur ce don, à recevoir ici dans les trois sens du mot : d’abord comme un cadeau que nous font deux artistes Cendres Lavy et Benjamin Bruneau, puis aussi comme un bienfait naturel de l’art ensuite et finalement à travers la vision de cette qualité naturelle du talent créateur, si bien décrit par notre ami Alain Bouaziz à propos de cette exposition.

Le mot onirisme vient d’oneiros, terme grec ancien qui signifie rêve. Mais cet état de rêverie est rendu productif par son « isme »final comme le sont ou l’ont été des concepts : Fauvisme - Humanisme - Hédonisme
Mais à qui cela parle-t-il ?
A tous dirait le médecin car nous avons tous pendant nos nuits, une activité électrique qui prouve que nous rêvons. En fait la plupart des heures de la nuit nous avons des ondes électriques proches de celles de l’état de veille. Ce qui n’empêche pas d’avoir des activités électriques semblables à celles du sommeil pendant la journée !! Hélas notre activité n’est pas toujours perçue, mais vous, Cendres et Benjamin nous re-présentez aujourd’hui et nous rappelez aussi que notre vie en partage n’est qu’un rêve.
Nous sommes habités par d’étranges intimités en effet Alain quand tu renvoies à Artaud lui nous dit
"et je pense que la pensée doit disparaître,
j'en parle dans un corps, avec des organes faux, fait pour l'esprit et par l'esprit,
j'en changerai comme d'un sale vêtement."

Sans doute un rêve étrange est à l’intérieur de chacun de nous, dont une partie serait : s’associer à un autre, transmettre, en passant du corps érotique au
corps social pour continuer la route ensemble.
Une triade peut nous aider pour cela« Donner, recevoir et rendre » hors contrat de l’économie financière, c.a.d. quand la valeur du lien est plus importante que la valeur du bien et fait entrer le don dans l’ordre symbolique. « Les symboles garantissent la dimension du sens des liens humains » nous dit Marcel Mauss dans son livre Essai sur le don
Sigmund Freud par l’étude des rêves de ses patients a produit un art nouveau qui nous sert encore à débusquer nos fantasmes et illusions imaginaires. A travers le sens décrypté de nos fantasmagories nocturnes ce praticien du siècle dernier a développé la connaissance de l’inconscient comme fondement de nos relations et base de la vie affective.
Pour ceux qui sont passés par cette thérapeutique fondée à partir de cette théorie de l’inconscient, cela leur a permis d’apaiser leur tension et de trouver en eux la source de la reconnaissance dont ils avaient besoin.
Je tenais à saluer ces artistes, aujourd’hui Cendres Lavy et Benjamin Bruneau, qui nous donnent, nous transmettent des parts de leurs rêves pour un partage indicible source de guérison.

Martine Dubuc
APONIA CENTRE D'ART, SEPTEMBRE 2012, Villiers sur Marne (Val de Marne)

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Que cherche à nous montrer Cendres Lavy avec ses dessins érotiques aux titres éponymes, ses images bestiales où les limites humaines tombent, libérant des élans narcissiques primaires, jusqu’à réduire ou risquer notre nature première ? Faut-il se référer aux gargouilles surgissant des toitures et des combles ou à des graffitis d’alcôves ? Ses dessins « ex-posent » et risquent le fond littéraire ou esthétique de leurs thèmes.
Que souhaite Benjamin Bruneau à travers ses peintures à dormir debout, ses montages et ses dérives chromatiques aux référence- ments hors nature, ses effets visuels fantastiques et symboliques ? Débordant leurs cadres descriptifs, ses compositions là encore « ex-posent » leurs thèmes. À quoi tiennent ces « cirques » à la fois burlesques et fantastiques, faits de mondes sans histoire simple, ces rêves qu’anime son besoin de peindre ?
Plus qu’à d’autres pratiques artistiques peut-être, comme celles de l’art abstrait, de l’art conceptuel ou de l’art contextuel entre autres, la question d’un art spécifiquement onirique mérite sans cesse qu’on se pose ou qu’on renvoie aux artistes la question de la fin de leur art. De quel trouble si profond ou si singulier nourrissent-ils leurs stupeurs visuelles ? À quelle entreprise se livrent-ils ? De quoi nous occupent-ils ?Les œuvres de Cendres Lavy comme celles de Benjamin Bruneau croisent aussi des influences qui, sous divers échos fantastiques renvoient aux hallucinations ou aux rêves de Jérôme Bosch ou Odilon Redon, Alexander Cozens ou Henri Michaux, Victor Hugo et Gustave Doré, Carl Caspar Friedrich et Max Ernst, Pierre Molinier ou Richard Hamilton, Antonin Artaud et André Masson... Chaque artiste maille à sa guise.Leurs images posent prosaïquement des questions formelles, sachant que chacun centre ou focalise son travail visuel. Faut-il y voir un projet artistique pour le spirituel, au sens religieux du terme, ou un art plus réflexif, visée à partir de laquelle l’ordre peut fluctuer ? Ces univers apparemment expansés où chacun s’exprime aussi personnellement ne transforment-ils pas les cadres de leurs œuvres en frontières intimes ?
Cendres Lavy crée des images dont sa culture à la fois littéraire et philosophique ne fait pas mystère. Son usage des moyens plastiques est calibré au plus juste, notamment la matière de ses supports textiles, principes de réduction dont elle s’évertue à épaissir les sous-entendus naturels. On fait le lien avec les expériences visuelles d’Antonin Artaud ou l’intimité des graffitis. Il pourrait aussi s’agir de Georges Bataille et Lautréamont..DOSSIER DE PRESSE Cendres Lavy Benjamin Bruneau
DU 29/09 AU 28/10/ 2012
VERNISSAGE LE 29 SEPTEMBRE 2012 À PARTIR DE 19H
Benjamin Bruneau vise la sidération des spectateurs confrontés à des univers bizarres qu’il sait être d’autant plus vrais qu’ils sont ouvertement imaginaires. Comme un surplomb annonciateur, un tableau intitulé « La chambre » semble à la fois associer son lieu éponyme et l’atelier de l’artiste avec ses dérives et ses attentes. L’artiste s’y représente œuvrant en creux à ses propres égarements visionnaires.
En quoi les univers de questionnements de ces deux artistes, pour l’un psychologique et philosophique, et pour l’autre plus directement artistique sont-ils pertinents ? Faut-il les considérer ensemble ou séparément pour évaluer les qualités formelles des productions ? Plus encore, ces interrogations sont-elles susceptibles de nourrir le jugement sensible ? Et de permettre au spectateur de fonder équitablement ses apprécia- tions ? S’il n’est pas question de normaliser l’expression onirique, versus les œuvres portées par le paradigme du rêve, on peut tout de même tenter une approche curieuse de raisons qui poussent ces artistes à choisir de dériver du visible vers le nocturne. Voire tenter de confronter la singularité de leur pratique et toutes choses qui rendent leurs œuvres si évidemment réalistes, mais aussi si évidemment confuses qu’imaginaires. Et on devine à regarder leurs œuvres que Cendres Lavy et Benjamin Bruneau réfléchissent à cette altérité à travers la dialectique de la fabrication et de la réalisation du contenu et de l’aspect de l’œuvre. De sorte qu’entre illustration et narration, hallucinations psychiques et cénesthésiques, hallucinations de l’ouïe, de la vue du goût ou du toucher, chaque vision risque sa perception pour fonder son contenu plastique sur ses enchaînements créateurs....
APONIA CENTRE D'ART, SEPTEMBRE 2012, Villiers sur Marne (Val de Marne)
Cendres LAVY et Benjamin BRUNEAU
Texte de Alain BOUAZIZ. 2012 (Extrait)

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"Je me pare d’une auréole insuffisante Et déréglée Et m’engage dans la fiction humaine, Bouscule les armoires à peau, Tranche dans le corps obèse de leur foire aux sentiments".
Cendres Lavy – Pied-de-biche(2010)

Artiste-philosophe, Cendres Lavy réunit et croise deux territoires au sein d’une pratique plastique protéiforme et intense. Elle jongle entre le dessin, la gravure, la photographie, la peinture, la couture et la poésie pour nous livrer une œuvre extrêmement graphique, abrupte et débarrassée des codes de représentations traditionnels. « Les techniques que j’utilise représentent en creux et à l’envers, saisissent une entité sémantique, afin d’en offrir une image à rebours, frontale, active et concentrée. » Avec une tonalité sombre et inquiétante, l’artiste dessine des corps imparfaits aux visages grimaçants, des monstres hybrides, mi-humains, mi-animaux. Des corps nus, perçus dans leur intimité, embarrassante, sans fard. Avec une prédilection pour les confrontations physiques intenses, brutales, difficiles, Cendres Lavy examine chacune des facettes des relations entre femmes et hommes. Elle y recueille les rapports de force, les tensions, les complexités et une forme de bestialité inhérente à une sexualité assumée et à une dimension érotique qu’elle déploie sous toutes ses coutures.
Inversion des Genres
Les femmes, leur représentation et leurs rapports avec le modèle masculin, sont au cœur du projet artistique de Cendres Lavy. Inspirée par des artistes aussi différents que Frida Kahlo, Max Beckmann, Edvard Munch, Marlène Dumas, Francisco de Goya ou encore Pablo Picasso, elle extirpe de ses influences des figures troublantes, puissantes et touchantes. Elle s’engage dans un travail de représentation alternatif et hors normes, où les femmes sont perçues dans leurs intimités, crues, démystifiées. La plupart d’entre elles possèdent des corps généreux, forts et réconfortants. Elles dominent la sphère masculine où l’homme, s’il n’apparaît pas sous des traits humains, est symbolisé par un animal : un porc, un cheval, un chien. L’inquiétante étrangeté, telle qu’elle est formulée par Freud (et Marie Bonaparte qui en a fait son expression), est présente dans chacune de ses œuvres. Un sentiment renforcé par la matière, les couleurs et les jeux de transparence produits par le lavis et l’aquarelle. Il est à noter que chaque série de dessins, gravures et photographies est intitulée par un verbe, une action : S’approprier, S’exhiber, Lutter, Envahir, Triturer, Opérer, Défouler, Effacer, Activer... « Verbes infinitifs, impératifs, ils forment des injonctions, visant à concrétiser une action par le fait même de leur énonciation. J’aimerais qu’ils fassent ce qu’ils disent. » Des actions où les femmes tiennent le premier rôle. Si dans l’histoire de l’art, elles sont généralement envisagées comme de sages modèles, passifs, souriants et silencieux, Cendres Lavy restaure leurs paroles, leurs cris, leurs gestes, leurs consciences, ainsi que la possession de leurs corps. Elle prend le contre-pied des gravures érotiques de Pablo Picasso, en tuant le Maitre, elle libère les femmes. Le corps masculin, lui, est chétif, fantomatique, soumis, fragile, il est littéralement dévoré par la chair féminine. Elle le nourrit à la cuillère, il lui lèche les pieds, telle une lutteuse elle le porte à bout de bras : les rapports de genre sont bouleversés. Lorsqu’il est représenté, l’homme, au corps vide, est rabaissé et ramené au statut d’objets. D’ailleurs la présence masculine n’est pas constante et évidente, les femmes s’autosuffisent, elles jouissent seules ou entre elles.
Bousculer le Féminin
« Mon féminisme est empirique, vital, et évident, c'est-à-dire, qu'il part de constats d'injustice, entre femmes et hommes, aussi bien en occident qu'ailleurs. » Cendres Lavy s’attache à figurer des femmes triomphantes, cruelles et libertines, tout en traitant l’expérience féminine d’une manière âpre et sans artifice. La maternité est une problématique récurrente dans son œuvre. Une fillette s’apprête à transmettre les couleurs, la vie, dans la bouche d’un homme (Insuffler) ; une femme nue, dont la tête est recouverte d’un masque de couleurs, enfonce une touffe de poils dans la bouche d’un garçon (Inoculer). Les femmes seraient les vecteurs d’une transmission vitale, laquelle ? Au moyen d’une iconographie essentiellement féminine, Cendres Lavy tend à faire des femmes un universel. L’artiste interroge les idées préconçues et propose des alternatives. Pour la série Exhiber, elle réalise un dessin étonnant où du sexe d’un homme nu s’extrait une petite silhouette noirâtre, tandis qu’un autre dessin figure une femme nue, assise, recroquevillée sur elle-même, de son sexe s’écoule abondamment du sang.Du sang, qui du point de vue phallocrate, est pensé comme une salissure, un liquide anormal et dont la figuration est inacceptable, insoutenable. Pourtant, le sang des femmes est ici assimilé comme faisant partie du processus vital et de l’expérience féminine. Le sang y est authentique, concret et physique. Cendres Lavy nous fait pénétrer dans une intimité vive, réaliste et universelle. Nous y décelons une femme nue, enceinte, les bras levés, agenouillée, semble donner la vie à un oiseau tenu par la main d’une autre femme. Chacune des séries est jalonnée d’attributs féminins : chaussures à talons, vernis à ongle, rouge à lèvre, sous-vêtements, fleurs dans les cheveux... Pourtant les femmes n’y sont jamais stéréotypées ou idéalisées, comme en témoignent la pilosité apparente, les formes défaites et les visages disgracieux. La défiguration est poussée à son comble avec la série Activer, qui nous apparaît comme une poursuite des dessins-aquarelles produits par Frida Kahlo (1907-1954) dans son journal intime. Si l’artiste mexicaine traduisait visuellement son expérience personnelle, ses hallucinations et rêveries, Cendres Lavy dépeint l’expérience féminine brutalement. Elle est ici envisagée comme une entité monstrueuse, dégoulinante, voire effrayante, telle qu’elle est comprise et interprétée par le discours dominant. Elle est aberrante et horrifiante car elle représente un territoire inconnu. Une étrangeté dont l’artiste poursuit l’exploration en photographiant les entrailles d’animaux ou de fruits, où la chair et le sang fascinent et repoussent le spectateur.
Mythologie Lavyenne
Cendres Lavy s’est construit une véritable mythologie personnelle, inspirée des créatures fantastiques, des héroïnes et des monstres issus de la philosophie, la littérature, des contes populaires, de la mythologie antique et des religions. Des êtres mythiques et mystiques qu’elle s’approprie et réactive, en puisant dans un imaginaire sombre, teinté d’une gravité d’un expressionisme surnaturel à l’image des gravures de Francisco de Goya ou de l’œuvre d’Odilon Redon. L’artiste transfère ses visions, conscientes et inconscientes, entre rêves et cauchemars, où se joue la cruauté des rapports humains. Sur la scène de ce théâtre humain, où les couleurs rouges et noires s’imposent, s’affrontent des personnages ailés, des sorcières, des chimères médusées, des démones aux cheveux hirsutes. Un monde sans hommes, où les femmes y sont nues, poitrines saillantes, à cheval (attribut traditionnellement réservé aux hommes) et semblent régner de manière jubilatoire et maléfique sur le monde. Ainsi nous découvrons : une femme masquée, intrigante, imprimée au moyen d’une encre rouge vif ; une autre, ailée, nue, dévorant impassiblement un petit être dont les jambes sortent de sa bouche ; une sphinge ; un centaure féminin, au visage masqué, enlace une autre femme nue aux yeux vides ; un serpent se
dégage de la bouche d’une femme ailée, munie d’un bâton ; des femmes oiseaux aux serres acérées etc. Les femmes se saisissent fièrement des attributs masculins. Cendres Lavy dresse une galerie de sombres portraits, où les femmes arborent sourires cyniques, regards hypnotiques et postures angoissantes. Elles correspondent en tous points au discours patriarcal (structuré depuis les textes antiques) fondé sur l’idée persistante de la femme malveillante, fausse, vénale, manipulatrice, vengeresse et traîtresse.
Au moyen d’un style épuré, de couleurs parsemées et de techniques directes, Cendres Lavy dépouille la figure humaine pour interroger ses bassesses, son animalité et ses contradictions. Les expressions sont grimaçantes, la chair est instinctive, les gestes maladroits et les regards désincarnés. L’artiste, en accord avec la pensée féministe, axe ses créations autour de la figure féminine, son expérience et ses stéréotypes et du concept erroné du féminin qu’elle déstructure et réinterprète. Plus récemment, Cendres Lavy produit ses estampes sur tissus, elle raccorde et articule des fragments entre eux et les encadre de fils multicolores. Des couleurs vives qui tranchent avec son trait sombre. Un choix technique en lien avec l’expérience féminine, du moins avec son histoire et ses associations stéréotypées, qu’elle a adopté par commodité et pour la patience qu’elle exige d’elle. « La couture que je développe se rapproche davantage de la suture : une opération chirurgicale qui consiste à rapprocher les lèvres d'une plaie et à en lier les tissus. » L’artiste produit de manière frénétique, la couture marque un temps de travail plus contraignant et rigoureux. Toujours avec une perspective de réévaluation de la représentation féminine et de « l’idéal acté », l’artiste s’attache à formuler un portrait sans compromis de femmes, guerrières, sensuelles, protectrices, solitaires ou encore cruelles. Des femmes définitivement débarrassées du statut du simple modèle auxquelles CendreresLs donne corps et âmes.

" Cendres LAVY", Cendres Lavy – Contre Modèles
Julie Crenn
http://crennjulie.com/2012/11/01/cendres-lavy-contre-modeles-inter-art-actuel-112/
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Dans la continuité de ses recherches sur les pratiques féministes et postcoloniales, Julie Crenn est actuellement doctorante en Arts à l’Université Michel de Montaigne, Bordeaux III. Sa thèse est une réflexion sur les pratiques textiles contemporaines (de 1970 à nos jours). Des pratiques artistiques mettant en avant les thématiques de la mémoire, l’histoire, le genre et les identités (culturelles et sexuelles). Elle mène parallèlement des recherches sur l’art contemporain dit Africain, dans ce cadre elle collabore régulièrement avec Africultures et Afrique in Visu. Elle est aussi rédactrice pour la revue Inferno, Les éditions derrière la salle de Bain, Revue Laura, Artension, Etc...

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La Fille Derrière la Salle de Bains
 
Derrière la Salle de Bains n’est pas une maison d’éditions comme les autres. Derrière la Salle de Bains est avant tout une collection de coups de cœur, d’amitiés, d’Affinités et de passions. Une collection tenue et entretenue par Marie-Laure Dagoit, une chic fille dont l’esprit décidément alternatif et intrépide veille sur ses auteurs comme sur une famille qu’elle a elle-même composée. Partie de rien, elle a tourné de Rouet d’une expérience littéraire singulière. Auteur et éditrice, elle connaît le chemin à parcourir. Ecrire est pour elle une tâche dévorante. Editer est un travail qu’elle exécute avec rigueur et grand cœur. Elle est la fille Derrière la Salle de Bains qui nous concocte un cocktail créatif dont la recette est un parfait équilibre des ingrédients : subversion, audace, fantaisie et inattendu. She is our Beautiful Publisher qui, sans compromis aucun, refuse la conformation et la banalité.
Lorsqu’une enveloppe Derrière la Salle de Bains est déposée dans votre boîte aux lettres, deux sentiments surgissent : l’excitation et la curiosité. Les livres sont fabriqués à la main, avec des papiers, des formats, des illustrations et des typographies qui ne laissent jamais assez de place au hasard. Use Your Hands le diable est dans les détails dans ces ouvrages hors du commun. Ce ne sont pas de simples livres, mais de véritables objets dont la préciosité et la finesse nous transportent dans un univers rare. Des objets à déguster et à savourer sans modération. La recherche esthétique formelle est en accord avec les textes retenus. Des textes qui sont comme un Vol à Travers le Temps, dela BeatGenerationaux jeunes auteurs actuels, jalonnent le parcours de l’éditrice. De William Burroughs à Julie Salin, en passant par Allen Ginsberg, Louis-Ferdinand Céline, Antoine Brea, F-J. Ossang ou encore Jean-Yves Pranchère, leurs écrits participent chacun à une littérature marginale, culottée et parfois même insolente. D’une Histoire l’Autre, le lecteur est transporté de textes poétiques vers des proses érotiques, Sexie et mystérieuses.
Derrière la Salle de Bains ne se limite pas à la littérature ou la poésie, puisque les artistes (photographes, dessinateurs, peintres et autres) y ont leur place. Délicatement enfermés dans de Précieuses boite ou imprimés au creux de petits formats, les œuvres sélectionnées appartiennent à une scène artistique alternative et originale. Marie-Laure Dagoit procède par Ombres Chinoises et dissémine sur les papiers ses Récréations de l’œil et de l’esprit. Mirka Lugosi, Jean-Luc Verna, Gilles Berquet ou encore Céline Guichard, Tom de Pékin et Cendres Lavy n’ont esthétiquement rien en commun si ce n’est un goût pour les marges esthétiques et le refus des normes. L’Histoire de l’œil de la fille Derrière la Salle de Bains est pleine de dissipations, de passions et d’ambitions. Images comme textes participent à une forme de création surréaliste, engagée et provocante.
Derrièrela Salle de Bains est une maison d’éditions subtilement décalée, irrévérente et unique en son genre. Cela fait maintenant seize années que la fille Derrière la Salle de Bains ne cesse de se battre pour publier des textes et des images d’exception. Seize années d’une relation passionnée et tumultueuse avec un pan discret de la création. Seize années auxquelles s’ajouteront d’autres anniversaires parsemés de publications toujours plus détonantes les unes des autres. Longue vie aux éditions Derrière la Salle de Bains … … …

Julie Crenn

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http://www.lacritique.org/article-femininisme-s-une-exposition-salutaire-en-arles#header

Fémininisme(s) une exposition salutaire en Arles
?jeudi 6 mars 2014, par Christian GATTINONI

Anne de Gelas
Contrairement à ces célébrations officielles nécessaires mais si limitées que constitue la journée de la femme ce sont des pratiques engagées à long terme de 19 artistes de différentes disciplines qui sont réunies jusqu’au 29 mars à la chapelle Sainte Anne d’Arles autour des Féminisme(s) à l’initiative de la galerie Joseph Antonin. Une réussite importante à l’heure du débat faussé mené par la bien pensance d’extrême droite et bien trop médiatisé par la grande presse.

Le pluriel du titre se revendique déjà dans l’invitation à plusieurs artistes masculins qui comme le peintre Guillaume Flageul ou le plus important représentant de la photo povera Bernard Plossu témoignent de la richesse des relations égalitaires avec la femme comme compagne et modèle. Avec humour l’exposition propose une critique du stéréotype féminin tel qu’il a pu s’imposer dès les années 50 à travers le type de la starlette croisée à la Mostra de Venise et dont les clichés ont été conservés dans les archives du portraitiste Graziano Arici.
Les autres exposantes sont réunies autour de différents thèmes d’une réelle portée sociétale et artistique : imaginaire et intimité redéfinissent les questions du queer et du gender, tandis qu’enfance, autobiographie et mémoire instituent le versant plus analytique.
Dans ce rapport à l’histoire les portraits sensibles de Sonia Yassa reviennent sur les grands pans de silence qui continuent d’obscurcir les épisodes les plus noirs de la guerre d’Algérie vécus par sa famille. Les ensembles photo-texte de la belge Anne de Gelas sublimes et douloureux approchent un difficile travail de deuil. Une autre expérience intime du même ordre nous est contée par Sara Carp dans son impossible combat pour sauver son frère de la leucémie qui l’a emporté. Un engagement humain et esthétique d’une rare intensité.
La montevidéaine Veronika Marquez se met en scène en se dédoublant dans ses images pour mieux envisager d’autres identités possibles ou plus improbables qui remettent en question les rôles socialement imposés à la femme. Dans un ensemble de petites boîtes organisées en installation nécessitant une lecture de proximité Mélanie Fontaine entame la subtile narration de récits d’enfance dont l’enjeu corporel reste premier. Emilie Jouvet devenue l’une des principales représentantes de l’expression de l’identité queer s’illustre avec brio dans une perspective éclatée du genre. Sur le même terrain l’une des découvertes de cette proposition collective est la vidéaste Olga Iwogo dont les performances filmées ne manquent ni de séduction ni d’humour.
Il faudrait citer chacune des expériences humaines et artistiques liées à des supports de création aussi divers que le collage(Anitaa), le dessin(Cendres Lavy), la sculpture (Karine Debouzie, Marie Goussé) ou la peinture.(Maria Machatova) et toujours la photographie (Katharine Cooper, Gaëlle Largilière et Lynn SK)
La pièce la plus belle, la plus simple aussi reste cette vidéo du très grand cinéaste iranien Abbas Kiarostami obtenue par l’entremise d’Alain Bergala qui signe aussi un fort joli texte sur la relation masculin féminin. Dans No l’assistante du réalisateur questionne de très jeunes filles sur leur désir de faire du cinéma au prix du sacrifice de leur chevelure. Les hésitations, les mimiques qui en résultent et l’aveu de leur renoncement par le courageux « No » du titre est une grande preuve d’intégrité morale et d’affirmation identitaire qui résume bien l’esprit de cette courageuse et sensible exposition. Oui le pluriel de ces Féminisme(s) balaye toutes les ratiocinations réactionnaires de tous les censeurs potentiels des différents intégrismes qui nous menacent et continuent de nuire aux femmes, de nourrir la violence qui leur est faite. Ces réponses sont aussi joyeuses que tonitruantes.

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FÉMINISMES, &1er-29 Mars 2014, Chappelle ste Anne, Arles, Galerie Joseph Antonin,
La pratique du dessin revenant en force dans l’art contemporain depuis quelques années, traduit dans un premier temps une libération vis-à-vis des idéologies à tendance puriste-iconoclaste, éprises de géométrie sèche, reléguant trop souvent la représentation humaine dans les oubliettes, le purgatoire d'une conscience honteuse d'elle-même, de même qu’une grande levée de censure, une montée d'adrénaline dans le champ du visuel.
Le dessin de Cendres Lavy s’inscrit dans cette lignée d’un travail sur la délivrance du contenu par la forme, sur la possibilité d’une pratique visuelle qui soit dans la réforme et l’interpénétration de l’écrit, au carrefour du conscient et de l’inconscient, du monde adulte et de celui plus régressif de l’enfance, revisitant les archétypes de la représentation féminine de manière humoristique, politique et sensible.
En ce sens, les dessins de Cendres Lavy abordent le versant "impur" de la réception de l'œuvre d'art, le continent du non politiquement correct, du stylistiquement hors-norme, en dessinant des farces, des fantasmes, en s'attardant sur des jeux d'esprit où le corps féminin devient le lieu d'un retournement inhabituel des codes et de la syntaxe classique de la représentation (pulsion, genre).
Assumant la grivoiserie et la perversion de sa vision qui fait un pied de nez total à la bienséance héritée de la culture, de la religion ou de l'éducation, Cendres Lavy inverse notamment le rapport de soumission en dessinant une petite fille qui fait pipi debout comme un garçon, une femme assise sur le dos d'un homme marchant, lui, à quatre pattes, etc...
Dans cette série de dessins au crayon gras, c'est la technique hasardeuse, le trait brut et épais, le contour suintant et baveux, qui font songer à un art primitif un peu fruste, un art naïf et tendu vers la joie du gribouillage, à mi-chemin entre calembour et art médiéval, comme si l'artiste nous proposait une pédagogie illustrative à l'envers, en testant notre sens de l'humour, de la combattivité et de la dérision.
Instinctive et ludique, dérangeante et jubilatoire dans sa tentative enfantine de procès contre la culture, telles sont les qualités de cette série qui joue avec le bon et le mauvais goût, qui provoque nos repères et nos limites, faisant une pirouette aussi bien à l'hétéro-machisme, qu'au macho-féminisme.
Clémentine Feuillet / galerie joseph antonin
(1) : Vite fait / Mal Fait / Pas fait ... Termes empruntés à Robert Filioux (Fluxus). Comment créer une contre-culture, qui dynamite l'ordre bourgeois, le conservatisme muséal et institutionnel, sans remettre en question les critères même de production ou de réception du grand, du bel art ? Ce seront les paramètres de réflexion de R.F dans sa tentative de réconcilier art et vie, et ceux de Fluxus lors de l'avènement dans l'art contemporain d'une nouvelle conception de la culture, qui se voulait globalement critique et politique.

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Les Femmes Folles
WOMEN IN ART
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http://femmesfollesnebraska.tumblr.com/post/106431726272/cendres-lavy-artist
 
ABOUTWOMEN OF LFFSALLYWANDAANTHOLOGIESLFF
CENDRES LAVY, ARTIST

untitled 2, Drawing/ink on BFK Rives paper/ 30X45CM (11,8 x15,7 in.)/ 2013.

Artist Cendres Lavy shares about how she got into art, her inspirations and process, her upcoming show and more…
Where are you from?

SOUTH OF FRANCE, TOULOUSE. MY STUDIO IS IN A BOAT ON THE CANAL DU MIDI
How did you get into art?
As a little girl, I drew on the walls; my family always asked me to erase the drawing and my signature so I persist in expressing myself since that moment. I study both philosophy and art: Master de philosophie, 1991, Université d'Aix-en-Provence; Master Arts , 2008, UTM Toulouse : “L'histoire de l'Art Occidental : Stratégies de pouvoir.”

Tell me about your inspirations, process. Philosophy and art are closely combined in your artworks. Can you explain the differences and similarities?

My career has developed on the edge of philosophy and art, two
disciplines that I practise and study in parallel, because thinking
and action appear to me to be inseparable. It has always seemed to me
important to loosen historic constructions that are upset and blocked
in an artificial polarity. Art is the place for philosophy, a
strategic terrain where the big issues in thinking and ideologies take
place: the art of displacement, of transfer, of reversal, to go beyond
logic’s hierarchy and attempt to resolve metaphysical contradictions.
It is to be steeped in the profoundness of “vivantvertige” plastic
arts, without falling into the dogma trap which on principle abandons
the sacred, protects itself, creates walls. It is to be half way
between two worlds, in an essentially transitive position, an
interval, in suspension. My work is more in the field of vision than
that of the image: what is shown is the evidence which can give the
thought reason, by hitting the blind spot, it is about getting beyond
[the thought] to try to break through the cliché. “Language is heard
but thinking sees.”

The title and image are often one and require the viewer to look at
them in two ways at once, both as words and images. I refer for
example to works such as Epuiser, Abîmer and Capturer. The titles
given to my works are active verbs as they match the acts. I want them
to perform, in other words they achieve an action through their
enunciation. Literally, “they do what they say”. The “speaking” and
the “doing” are simultaneous. The sensory support (the fixed or moving
image or the sound) condenses a long story, an intention into a brief
format that is almost a mantra. It becomes the poetic act. The images
change our perceptions and transform reality. It’s obvious that the
current controversial notion of “COPYRIGHT” exceeds the legislative
framework and conceals the magical relationship that we have with the
image. Art is effective. “It is through the body that we let
metaphysics into the mind”.  I want to reveal history’s ploys, the
commonplace, euphemisms that blur exchanges, make conflicts invisible,
erase free speech, wring dry the senses, reduce and screen even the
vocabulary to hide and anesthetize ideas
The female figure is omnipresent in my work and often depicted as
either an object of desire or even of domination, in any case always
in contrasting and contradictory postures.

What interests me is to divulge what reality does not want to let us
reflect on and to show that the image is far from being innocent. It
is precisely the place of ideologies, pointing to the narrow gap that
exists between “talking” and “doing”. Art seems to me a strategic
terrain where the great issues of our time are explored. I note at
which point the image becomes fascinating and prescriptive, and with
what force it focuses on magical rituals and becomes a product in the
performance. The rapport I perceive between “talking” and “doing”
probes themes of genre, rumor, power and more generally the
interaction between visual fields, domination and the collective
unconscious. The human figure is omnipresent in my work. As to women,
I have lots of fun making their innate qualities and strengths
visible, something they have always possessed but often concealed
under veils, jewelry, sequins, superficial glamour, or in the home.
I love to play with the proportions of the body, to give men a
softness and women a powerful physique. Representations of the female
body have affected me, and like everyone I have been brought up
through images and literature to recognize in them one thing above all
and that is their sensuality and force.

untitled 1, Drawing/ink on BFK Rives paper/ 30X45CM (11,8 x15,7 in.)/ 2013.

Tell me about your current/upcoming show/exhibit/project and why its important to you.
I will show work in collaboration with international artist Paul Arman Gette, 
“INTIMENTA” at GALRIE LA BELLE ÉPOQUE", IN THE SOUTH OF FRANCE.
www.paularmandgette.com/
http://www.galerie-labelleepoque.fr/

Do you think your city is a good place for women in art?
No, I have to travel a lot to show my art and persist too.

Do you show your work elsewhere/is there a difference in how your work is received?
Yes, art fairs are better than galleries and art centers to sell my work. I think my artwork is received  the same in different places.
http://www.cendreslavy.net/
~
Les Femmes Folles is a completely volunteer run organization founded in 2011 with the mission to support and promote women in all forms, styles and levels of art with the online journal, anthologies, books, exhibitions and events; originally inspired by artist Wanda Ewing and her curated exhibit by the name Les Femmes Folles (Wild Women). LFF was created and is curated by Sally Deskins.  LFF Books is a micro-feminist press that publishes 1-2 books per year by the creators of Les Femmes Folles including Intimates & Fools (Laura Madeline Wiseman, 2014). Other titles include Les Femmes Folles: The Women 2011, 2012 and 2013, available on blurb.com, including art, poetry and interview excerpts from women artists. A portion of the proceeds (and 100% thru December) from LFF books and products benefit the University of Nebraska-Omaha’s Wanda Ewing Scholarship Fund.
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ANDY WARHOL MUST DIE!
In response to the thread below from Michael Andre, Victor Bockris, and Jeff Goldberg, 'm reposting an example of the work by Daniela Belinga Agossa and Robert Louis, MONEY VOMITTING LEGBA AND SINGLE MOTHER WITH A KNIFE, as one of half a dozen works shared on FOOK! which are in my mind at least more valuable artistically and culturally, if not monetarily, in 2016 than any Warhol. The other shining stars of FOOK! are Cendres Lavy, Akis Karanos, Olaniyi Rasheed Akindiya Akirash, Elise Tak, Tan Khanh Cao,Ross Farrier,Jóhanna Ellen,Seruni Bodjawati, and Kurt Ryslavy. This is not to be pretentious. I cite the work by Daniela Belinga Agossa and Louis is particular because here we see the fusion of a poor (if not impoverished) Western artist with an impoverished culture. This is the flip-flop of the art market paradigm and I suspect will become a natural and vital alliance.

When I think of Andy Warhol, I envision a wealthy one-percenter smoking a Havana cigar and drinking brandy with his cronies in his library. It smells of leather, cigar smoke, and money. He sits blowing smoke rings beneath a Warhol Mao and next to a mahogany bookcase where his free hand casually strokes a slim leather-bound book. It's the most coveted rare book of the 20th century. No, not Ulysses, it's a signed first-edition of Ian Fleming's In Her Majesty's Secret Service, printed in an edition of 2500 and never expected to be a success. Warhol and Fleming, the distinction between fine art and schlock blurs in the lens of an unprecedented and unbounded art market bubble, in which value is strictly in the eye of the broker and the beholder.

Warhol's Mao, created in the wake of Nixon's trip to China (when Mao jackets were briefly the fashion in NY discos), seemed radical at the time, but now seems prophetic, like Mao on a dollar bill. After Warhol Inc did little of note except build the business.

And so it is--30 years after Andy's death that he remains the highest paid artist in America. The skill of the Warhol foundation at keeping his corpse cranking is to be commended, but the work of the 1960s-80s has no relevance to 2016. In fact, as a clear articulation of liberal western excess, celebrity love and stupidity, it is no longer a "put on" when it is valued at millions of dollars it's real, a misplaced waste of money that could be funding artists like Robert Louis or, let's face it, us!

I call on the Warhol Foundation to immediately provide a $1 million grant to FOOK! to do good art with local artists all over the world. No ifs, ands, or buts, no applications, proposals, or horseshit. Just write the FOOKIN check--or else Andy Warhol Must Die!
Jeff GOLFBERG

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